Igor Sahiri : « Rien ne doit nous étonner au travail, du plus triste au plus joyeux »

Sur NEWSROOM, nous aimons vous faire découvrir celles et ceux qui participent à faire de BFMTV la 1ère chaîne d’info de France. JRI, reporters, présentateurs, la plupart ne sont pas -ou peu- devant les projecteurs, et pourtant ils servent l’information au quotidien avec talent et savoir-faire. Igor Sahiri est de ces journalistes-là. Durant son cursus en école de journalisme, il s’essaie aux trois supports journalistiques, la presse écrite, la radio et la télé, avant de se spécialiser en télévision. Il nous raconte pourquoi…


Igor, vous avez intégré la rédaction de BFMTV en 2010, quels ont été votre formation et votre parcours auparavant ?

Igor Sahiri : Mon parcours a démarré plus au sud en 2005, lorsque j’ai été diplômé de l’École de journalisme de Grenoble. Puis, après divers stages à Itélé et M6 pour valider mon cursus, j’ai eu l’opportunité de faire partie de la création d’une chaîne de télé locale à Marseille, La Chaîne Marseille (LCM). J’ai alterné pendant 5 ans présentation de journaux et reportages. Pendant une semaine je présentais les journaux du soir et l’autre semaine je faisais du reportage. J’étais en alternance avec une consœur. C’est le rêve pour un jeune qui sort de son école ! En reportage j’ai appris à tout faire: tournage, écriture, montage, car on faisait les sujets tout seuls !

Vous avez donc appris votre métier principalement sur le terrain ?

Igor Sahiri : Ah oui directement ! J’avais des notions apprises à l’école bien entendu, mais chaque journaliste de la rédaction réalisait un sujet par jour. Plus précisément, il s’agissait de faire un sujet le matin pour le journal du soir. Je tournais les images et les interviews sur le terrain et je rentrais à la rédac pour écrire le sujet et le monter !

Pourquoi avez-vous choisi de vous spécialiser en télévision, plutôt que la presse écrite ou la radio ?

I.S : J’aimais beaucoup la radio (j’espère d’ailleurs en refaire un jour), mais déjà à l’école, c’est la télé qui me plaisait le plus. J’adore l’image, raconter quelque chose, une histoire avec l’image, donner aux gens des clés de compréhension en l’espace d’une minute 30 ou deux minutes.

igor_sahiri_2Racontez-nous la genèse d’un reportage que vous alliez tourner pour LCM…le choix du sujet, les demandes d’interviews, d’autorisation pour tourner, le choix des scènes pour le montage, etc…

I.S : En gros oui c’est un peu dans cet ordre. En télé locale, on peut plus facilement proposer un sujet. Après il y a des sujets qui s’imposent avec l’actualité. Une fois le sujet déterminé, je prenais contact avec les personnes à interviewer pour avoir des rendez-vous, ensuite je partais avec ma caméra et mon pied sur le terrain pour tourner les images et les interviews.

BFMTV étant une plus grosse « machine » qu’une chaîne locale, qu’est-ce qui change concrètement dans la réalisation d’un reportage ?

I.S : Ce qui change c’est qu’il faut travailler plus vite et mieux. Puis, quand tu pars en tant que reporter, tu ne pars pas seul, contrairement à ce que je faisais sur LCM, il y a généralement un JRI (journaliste reporter d’images) avec toi.

« Travailler plus vite », cela n’a pas pour conséquence de nuire à la qualité de l’information et du message qu’on veut faire passer ?

I.S : Non je ne pense pas. On doit travailler plus vite parce que BFM est une chaîne d’info non stop donc ça ne s’arrête jamais, il est obligatoire d’être réactif. Mais ça ne veut pas dire qu’on ne fait pas attention, au contraire, l’info doit être vérifiée et revérifiée.

Sur LCM, et même sur BFMTV de façon plus sporadique, vous avez fait de la présentation et du reportage, avez-vous une préférence entre les deux ?

I.S : Difficile de choisir ! J’adore l’antenne ça c’est sûr ! Mais j’adore aussi le reportage. Ce qui me plairait c’est de partir un jour à l’étranger pour en faire, à l’image de François-Xavier Ménage. Découvrir un endroit inconnu, avec une langue inconnue, devoir aller vers les autres. Des endroits encore peu connus en France et à l’étranger, là où il se passe des événements dont on ne parle jamais. L’idée d’aller à l’autre bout du monde pour raconter ce qui s’y passe me plait beaucoup. Quant au format, l’idéal pour tout journaliste c’est le long reportage.

Vous souvenez-vous d’un reportage que vous avez réalisé et qui vous a particulièrement marqué ?

I.S : Oui, deux même ! Quand j’étais encore sur LCM j’ai fait un reportage à New-York avec des étudiants marseillais en école de commerce. Ils faisaient une simulation de l’ONU aux Nations-Unies avec des centaines d’étudiants du monde entier. Je suis rentré dans l’amphithéâtre des Nations-Unies et ça c’était quelque chose ! L’autre reportage était au Kazakhstan, je réalisais le portrait d’une société marseillaise qui faisait de la restauration collective dans des zones extrêmes. J’ai dû tourner dans le désert, dans un champ de pétrole… Je me souviens aussi d’un duplex pour BFMTV, le 24 décembre 2010. Un duplex sous la neige, à Metz avec un JRI, pendant que la France fêtait Noël ! Cela ne s’oublie pas !

Dans ce métier, on raconte souvent des histoires pas très drôles, on raconte la noirceur du monde, finit-on par être blasé et ne plus avoir d’empathie par exemple ?

I.S : On est plus cynique je dirais. C’est-à-dire que rien ne doit nous étonner au travail, du plus triste au plus joyeux. Il faut contenir son émotion, c’est la base du métier. Ne pas donner l’impression de parler avec son coeur. Donner de l’émotion mais rester neutre le plus possible. L’idée n’est pas de  faire pleurer les gens pour un sujet sensible par exemple, ni de prendre position, même si cela est parfois mission impossible. Je pense à certains faits divers en particulier.

Le journaliste manque-t-il de neutralité si le téléspectateur est ému ou touché par un reportage notamment ?

I.S : Non, ce n’est pas tout à fait ça. Les images parfois suffisent, elles doivent suffire. Dans la façon de raconter du journaliste il doit y avoir une prise de recul. Le journaliste est là pour raconter, décrypter, expliquer, pas pour dire que c’est triste ou que ça ne l’est pas. Il ne juge pas, il dit.

A présent on va parler un peu sport… Le week-end du 30 juin, vous avez présenté le Journal des Sports dans Week-end Première, c’est un peu un retour aux sources pour vous ?

I.S : Oui, tout à fait ! J’ai commencé comme cela à BFM, il y a deux ans quasiment jour pour jour. Et ça faisait au moins un an que je n’avais pas fait d’antenne, donc je suis vraiment ravi !

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Dans quelques jours débutent les Jeux Olympiques d’été à Londres (le 28 juillet), pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le dispositif mis en place par BFMTV pour couvrir cet événement planétaire ?

I.S : Le dispositif pour les JO sera important ! Tous les programmes de RMC se feront sur place et BFMTV aura aussi de gros moyens, avec plusieurs envoyés spéciaux à Londres.

Quels sont vos sportifs favoris ?

Owens (1er sprinter noir dans les années 30) ou Mohammed Ali.

 

La rédaction de NEWSROOM remercie chaleureusement Igor Sahiri pour sa disponibilité.

Vous pouvez le retrouver aux côtés de Céline Pitelet chaque weekend après-midi dans le Non-Stop.

Merci de laisser un commentaire pour Igor, en bas de l’interview.

Mat

Rédacteur en charge des sections et entretiens pour BFM.

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  • Gabriel

    Je ne l’ai pas encore vu à la présentation du Non Stop ce weekend, mais je suis sûr qu’il est aussi bon qu’au journal des sports 😀
    J’espère qu’il sera de nouveau là ce weekend.

    Y’a Florent Carrière qui n’est pas mauvais non plus, à quand une interview de lui ?

    Merci pour cette interview

  • Poubelle

    C’est ce journaliste qui parlé d’ un « toxicomane proche de l’#islam » . Et il a étudié le journalisme? BFN-TV..
    http://www.agoravox.tv/actualites/m… …

    
    
    1. FIONA
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