Sébastien Couasnon : « Les Français connaissent assez mal l’économie »

A l’aube du nouvel an, BFMFAN innove et vous propose de découvrir les journalistes de la chaîne TV et station de radio BFM Business à travers le premier d’une longue série d’entretiens. C’est une figure historique de la chaîne qui se livre à nous en ce dernier week-end de l’année 2012 : Sébastien Couasnon, co-présentateur de la session d’information « Intégrale Bourse », a accepté de répondre à nos questions. Rencontre.

Bonjour Sébastien, tout d’abord, pouvez-vous revenir en quelques mots sur votre parcours ?

J’ai un Master de Journalisme à l’Institut Français de Presse (Paris II). J’ai travaillé pour RMC, Radio France et enfin BFM.

Pourquoi avoir décidé de rejoindre NextRadioTV ?

Dès la reprise de RMC par Alain Weill, j’ai compris que c’était le groupe qui disposait le plus de potentiel à long terme. Et c’est un fait, les autres radios périphériques se battent seulement pour conserver leur position depuis 10 ans. BFM Radio a connu un repositionnement stratégique important quelques mois avant que je les rejoigne. Leur ligne éditoriale me correspondait plus, j’y suis resté et y suis bien. Quant à BFMTV, j’ai vu la chaîne se créer sous mes yeux en 2005 alors que je travaillais tard le soir (flashs). Ma direction est partie d’une feuille blanche! J’ai eu la chance d’y participer tout de suite via des remplacements réguliers. J’assurais entre autre le point éco de Nicolas Doze. Depuis 18 mois, je donne la clôture du CAC 40 tous les soirs, en alternance avec Grégoire Favet (co-animateur d’Intégrale Bourse sur BFM Business).

Sébastien Couasnon - © BFM BusinessComment avez-vous vécu la transition entre BFM RADIO et BFM BUSINESS ?

À la fois excitant et terrifiant. C’est toujours passionnant de participer à un truc qui se monte. Quitter la radio a toutefois été assez rude pour moi. Si vous saviez comme cela me manque !
La télé c’est très sympa aussi mais ça n’a rien à voir…

 

Quelle a été votre principale motivation pour devenir journaliste économique ?

Ça m’a toujours plu. Les petites histoires comme les grandes sagas. Les angles sont illimités : patrons, pays émergents, restructurations en tout genre, ou encore la bourse, mon dada depuis quelques années. Je serais bien incapable de faire trois heures sur un fait divers ou la neige en hiver…

 

Quel est le modèle étranger de BFM BUSINESS, CNBC ou Bloomberg ?

Nous n’avons aucun modèle pour être honnête. BFM Business est une sorte d’ovni. Les moyens ne sont pas comparables. Et les Français ne sont pas des Américains…
En revanche, personnellement je consomme beaucoup toutes ces grandes chaînes.

 

Comment expliquez-vous le tel succès de BFM BUSINESS ? Croyez-vous que le contexte économique morose pousse les Français à s’intéresser davantage à l’économie ?

Les Français connaissent assez mal l’économie à mon humble avis.
Tout notre boulot est de tenter chaque jour de leur expliquer ce qui se passe. Le tout sans perdre les fans de BFM Business qui n’ont pas besoin qu’on leur définisse à chaque fois les termes « crédit d’impôt », « fiscal cliff » ou OAT.

 

Quand certains critiquent Alain Weill / NextRadioTV de faire de l’information au rabais, qu’en pensez-vous ?

Je pense que personne n’embauche davantage de journalistes que lui sur la place parisienne, et les audiences de ses chaînes et stations ne cessent de progresser, le reste n’est que littérature !

 

Jean-Luc Mélenchon s’est attaqué il y a quelques mois lors de l’un de ses meetings présidentiels à BFM BUSINESS. Comment la rédaction l’a-t-elle interprété ?

Désolé mais je n’en ai pas entendu parler. Les politiques ont chacun leur credo. C’est respectable. Arnaud Montebourg s’adresse aux salariés qui souffrent, Pierre Moscovici à Bercy tâche de rassurer les investisseurs…

 

Intégrale Bourse est une émission très technique. Comment choisissez-vous les analystes financiers qui passent à l’antenne ?

Technique ? Non, non, ce n’est pas vrai. On parle des mêmes sujets que tout le monde, mais on ne reste pas en surface. Tendez l’oreille, on aborde la crise de pays comme l’Espagne ou la Grèce, on décrit la chute des ventes auto, le boom des gaz de schistes aux USA, etc… On vit dans le même monde.
Quant aux invités, il y a les réguliers (analystes, gérants de portefeuille ou économistes) et les entreprises cotées en bourse qui nous sollicitent pour commenter leurs résultats sur l’antenne.

 

Toutes les émissions évoluent régulièrement mais cela se fait par petite touche.

Quelle est l’audience cumulée d’Intégrale Bourse ?

Nous ne communiquons pas là dessus encore mais je peux vous dire que cela progresse, notamment au moment de la clôture de la bourse de Paris vers 17h30 tous les soirs.

 

Est-il prévu dans le cadre de la politique de synergies de votre maison mère que vous officiez sur RMC Découverte dans des documentaires économiques ?

Pas encore. Mais ce serait très alléchant, c’est un beau projet. On leur a d’ailleurs offert le Canal 24 en Île-de-France, je compte sur vous pour communiquer sur notre nouvelle numérotation !!!

Sébastien Couasnon & Grégoire Favet - © BFM Business

La programmation d’Intégrale Placements depuis la rentrée s’inscrit-t-elle dans une stratégie de démocratisation de BFM BUSINESS au grand public ?

Sûrement, l’idée n’étant pas forcément d’élargir la cible mais de mieux coller aux attentes des auditeurs et téléspectateurs. Toutes les émissions évoluent régulièrement mais cela se fait par petite touche. Aurélie Blonde, présentatrice des journaux éco nous accompagne depuis peu entre 17h et 17h35. C’est encore plus convivial et cette touche de féminité est la bienvenue dans un univers encore très masculin…

 

D’où vous est venue l’idée de créer avec SaxoBanque et Fabrice Pelosi « les Talents du Trading » ?

L’idée germait dans notre tête depuis un certain temps, et Saxo Banque voulait aussi monter une grosse opération avec un partenaire media. Intégrale Bourse s’est imposée comme le rendez-vous référence en la matière depuis début 2009, et les Talents du Trading en sont une nouvelle preuve. Quant à la touche « réseaux sociaux » de ce jeu qui a intéressé des centaines de passionnés de la bourse avec une compétition 100% web en parallèle, cela s’est fait tout naturellement quand Fabrice (Pelosi, ndlr) a quitté Yahoo pour rejoindre Saxo.

 

Aurélien G. et l’équipe NEWSROOM remercient Sébastien Couasnon pour s’être prêté au jeu de l’interview et lui souhaitent une bonne continuation sur BFM Business.

Aurélien Giraux

Ancien rédacteur en charge des interviews et communication BFM Business.

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  • Gabriel

    Je n’ai pas pour habitude de regarder ou d’écouter cette tranche (boulot oblige), mais il est vrai que tout en étant une chaîne économique, la plupart du temps c’est accessible à toute personne curieuse d’en apprendre plus. L’ensemble des émissions comme la matinale de Stéphane Soumier ou le grand journal avec Edwige Chevrillon sont beaucoup moins axées bourse, mais j’essaierais à l’occasion à me convertir à ce rendez-vous. Visiblement l’info y semble aussi vulgarisée et j’aime beaucoup Aurélie Blonde.

    Merci à Mr Couasnon pour vous avoir accordé cette interview !

    Gab

  • Clément

    Effectivement, contrairement à ce qu’on peut croire, l’économie est une matière moins difficile qu’il n’y paraît. Et S. Couasnon et son confrère sont là pour nous le démontrer jour après jour ! 😉

    Si partie technique il devait y avoir, ce serait plus dans des rendez-vous tels que « BFM Pro » (uniquement à la radio le week-end) ou dans « IT For Business » je trouve.

    Merci pour cette interview de S. Couasnon

  • Finance54

    Merci pour l’interview de mon animateur préféré ,j’aime beaucoup l’écouter car je ressent la passion dans sa voix .sa me rebouste .merci Sébastien .bravo

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